« Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »
C’est ainsi que Frantz Fanon commence ce chapitre. Cette phrase est une invitation à ne pas minimiser le travail de résistance des générations précédentes. Elles ont fait ce qu’elles ont pu avec ce qu’elles avaient ; à la génération actuelle de continuer avec les moyens dont elle aussi dispose.
Revenant sur la culture nationale, objet du chapitre, F.F. explique que l’intellectuel colonisé y porte un intérêt particulier car il retrouve dans son histoire une civilisation accomplie qui est contradictoire à la barbarie dépeinte par le colon lors de sa « mission civilisatrice. » Certes, le grand empire du Mali (aujourd’hui disparu) ne remplit pas l’assiette du malien de nos jours. Mais la recherche et la connaissance de cette grandeur lui permet de « reprendre contact avec la sève la plus ancienne, la plus antécoloniale de leur peuple. »
Danse africaine

Fanon nous met également en garde sur le concept de culture nationale. Il prévient que si l’intelligentsia coloniale continue de parler de culture africaine (comme si l’Afrique avait une seule), elle se retrouvera dans un cul-de-sac. Cette réaction de l’intelligentsia est compréhensible parce qu’elle veut riposter au colon qui mettait tous les noirs dans un même panier. Mais actuellement, elle perd tout son sens car le problème d’un noir américain n’est pas le même que celui d’un sénégalais ou d’un kenyan. Donc la culture est d’abord nationale.
La reconnexion à cette culture nationale, cette désaliénation, Fanon la décrit en trois étapes. D’abord le colonisé a assimilé la culture de l’occident. Ensuite il décide de se souvenir (le glorieux passé expliqué plus haut) ; il fait l’inventaire des mauvaises manières du monde colonial et décide de s’en séparer. Enfin après s’être presque perdu, il ne veut pas voir son peuple se perdre et amorce le combat pour secouer son peuple le réveiller et le libérer sur tous les plans (culturel, économique, sociopolitique…).
« L’adhésion à la culture négro-africaine, à l’unité culturelle de l’Afrique passe d’abord par un soutien inconditionnel à la lutte de libération des peuples. »
Pour clore ce chapitre, retenons que Fanon explique trois choses à propos de la culture nationale :
  • Le développement de la culture nationale s’est arrêtée avec la colonisation.
  • Il serait anormal de retourner vers cette culture en croyant la trouver intacte.
  • La nouvelle culture nationale ne peut s’installer que dans un pays libre ; et elle découlera de la façon dont le peuple se sera affranchi de l’oppression.